Histoire des déchets dans l’Art

À TerraCycle, nous avons pour ambition « d’éliminer la notion de déchet » : nous considérons les déchets comme une ressource et pensons que tout ce que nous jetons peut être transformé. Nous ne sommes pas les seuls à avoir cette vision : de nombreux artistes utilisent détritus et objets usagés dans leurs œuvres. C’est à eux que nous nous intéressons aujourd’hui, en proposant un bref historique des déchets dans l’art, destiné à mettre en lumière le travail de ces artistes.

Le « Ready made »  : les prémisses de l’utilisation des déchets dans l’art

Le monde artistique n’a pas attendu l’essor de la société de consommation pour intégrer les déchets à sa démarche créative. Afin de comprendre l’histoire de l’utilisation des déchets dans l’Art, nous devons remonter au début du XXème siècle, qui marque la naissance du mouvement « ready-made ». Le principe  : un artiste s’approprie un objet manufacturé en effectuant une manipulation sommaire et en lui attribuant un titre, une date ainsi qu’une éventuelle inscription. L’objet ainsi privé de sa fonction utilitaire et exposé dans un lieu culturel devient une œuvre d’art.

 

Marcel Duchamp fut le premier artiste à utiliser le concept de « Ready-Made » dans son travail artistique. Fontaine, créée en 1917 et constituée uniquement d’un urinoir en porcelaine renversé, est devenue l’œuvre la plus controversée du XXème siècle. Un peu plus tard, Pablo Picasso employa également des objets manufacturés pour construire ses œuvres. Citons ici l’exemple le plus célèbre : la sculpture Tête de taureau assemblée à partir d’un guidon et d’une selle de vélo.

La seconde moitié du XXème siècle : « Junk art » & « Nouveau Réalisme »

L’utilisation des déchets dans l’Art est le reflet d’une longue évolution artistique et sociétale. Les artistes libérés de l’obligation de représenter des sujets nobles (religion, mythologie, portrait, paysage…) peuvent tirer leur inspiration d’éléments plus triviaux tels que les déchets et autres objets destinés à être jetés. Pendant la seconde moitié du XXème siècle, de plus en plus d’artistes utilisent ces matières nouvelles pour construire leurs œuvres, donnant même naissance à un mouvement artistique, le « Junk Art » ou « Recycled Art ».

Durant les années 1960, la société de consommation qui explose inspire par exemple le célèbre artiste Franco-américain Arman. Dans la série Accumulations, il empile des détritus dans des boites en verre hermétiques, nous mettant face au gaspillage généré par l’acte d’achat frénétique et dénoncant ainsi une civilisation où tout est à usage unique.

 

A la même époque, Daniel Spoerri, membre du courant artistique des Nouveaux Réalistes, fixe l’ensemble des restes d’un diner entre amis sur sa planche originelle mise à la verticale. C’est ce qu’il nomme les « tableaux-pièges », qui figent alors, pour toujours, un instant volatile. Il démontre qu’un tableau peut être constitué d’éléments aussi ordinaires que des débris de bouteille, assiètes sale ou mégots de cigarette.

Daniel Spoerri
Tableau-piège – Daniel Spoerri (1965)

Autre artiste s’intéressant aux déchets, César Baldaccini, compresse des objets tels que des journaux, des tissus, des canettes ou encore des voitures. Cette démarche de compression, représentant les trop nombreux déchets que produit inévitablement la société de consommation, nous amène à nous interroger sur nos comportements d’achats qui laisseront aux générations futures des montagnes d’objets usagés.

Les artistes contemporains

Suivant le modèle de leurs prédécesseurs, de nombreux artistes contemporains utilisent également le déchet comme nouvelle matière première. Le projet artistique Wasteland (2008-2012) de Vik Muniz transforme par exemple la plus grande décharge du monde, à Rio de Janeiro, en tableaux reconstitués à partir de détritus.

 

Nous pouvons également citer Vince Hannemann, artiste originaire de la ville d’Austin, au Texas, qui édifie depuis 1989 une Cathédrale des déchets ou Cathedral of Junk. À l’origine, il collectait lui-même divers objets et déchets servant à bâtir son immense structure, jusqu’à ce que les habitants des environs les lui apportent directement, contribuant ainsi à cette œuvre en construction continue. Par ses 10 mètres de hauteur, la Cathédrale des déchets est aussi impressionnante à l’extérieur qu’à l’intérieur, et il est possible de s’y balader grâce aux escaliers en béton permettant d’accéder aux différents étages en son enceinte. L’artiste a même peint, ou transformé certains objets afin de renforcer l’aspect esthétique de cette œuvre, qui témoigne de trente années d’hyper consommation.

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Enfin, à TerraCycle, nous valorisons également le travail des artistes locaux travaillant avec les déchets. Dans nos bureaux du New Jersey par exemple, l’artiste Ede Sinkovics a réalisé un portrait de Abraham Lincoln à partir de mégots de cigarette !

Abraham Lincoln_Ede Sinkovics
Abraham Lincoln, Ede Sinkovics

Que pensez-vous des oeuvre d’art réalisées à partir de déchets ? Connaissez-vous d’autres artistes qui utilisent les déchets dans leur travail ? Si oui, n’hésitez pas à nous le faire savoir via les commentaires.

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